DÉMYSTIFIER LE BIEN ET LE MALT EN 5 ÉTAPES FACILES

[Article 5/10 de la série de la Route des bières de l’Est. Article précédent ici !]

Lundi, populairement reconnu comme étant une journée mal-aimée. Celle qu’on redoute ; la maman sévère de la semaine qui nous remet sur le droit chemin après avoir passé le week-end à ignorer notre vie de 9 à 5 routiniers. Mais pour certains, lundi est au contraire synonyme de repos : les gens qui travaillent en restauration sont loin d’être en vacances du vendredi soir au dimanche, et les lundis équivalent souvent à une grasse matinée bien méritée. Pour nous, ce lundi-là ne ressemblait à rien de tout ça : pas de retour au travail, mais pas de grasse matinée non plus. Juste une troisième journée à parcourir les sentiers du Québec dans le but de découvrir les trésors de la Route de l’Est.

 

Le Bien, le Malt est l’une des rares microbrasseries de la route dont l’écho ne se rend pas jusqu’à Montréal. Leurs produits ne se retrouvent pas sur nos tablettes, ce qui nous plonge dans l’inconnu total face aux attentes qu’on aurait pu avoir. Pourtant, Denis Thibault, co-propriétaire et brasseur en chef, ainsi que son équipe, sont les instigateurs du projet de la Route des Bières de l’Est du Québec ! Ça pouvait juste être un bon signe quant à ce qui allait se retrouver dans nos verres, non ?

(Comme si on était inquiets pour vrai, pfft.)

Voici donc, en 5 étapes faciles, comment affronter le mystère qui plane autour de la microbrasserie Le Bien, Le Malt.  

Étape 1 : Être plus intelligent que le stationnement

Si, comme nous, vous avez de la misère à vous trouver du parking même si on est lundi en début d’après-midi et que «voyons donc, il va y avoir personne à cette heure-là au centre-ville de Rimouski» (préjugé Montréalais, on s’excuse beaucoup), voici un conseil : à l’office du tourisme, vous pouvez gratuitement vous procurer une vignette jaune qui vous donne le statut de «visiteur». Du coup, vous aurez le droit de vous stationner partout où vous voulez. Ça vous évitera de devoir laisser votre auto dans le parking du Pacini de l’autre côté de la rue en espérant que la police Rimouskoise ferme les yeux sur le fait que vous n’êtes pas en train de vous bourrer la face dans le bar à pain et le beurre à l’ail.

Étape 2 : Comprendre ce qu’il y a de bien dans le malt

En neuf ans d’existence, de la bière de brassée ici, il y en a eu pas mal. Puisque tous les produits de la place nous étaient méconnus, la classique méthode « palette de dégustation » s’est imposée d’elle-même. Des bières principalement anglaises, américaines et belges, jamais filtrées et toujours sans additifs. En passant par la Witbier classique jusqu’aux IPA plus expérimentales, on découvre d’excellents produits pas trop funky, mais dérogeant tout de même des sentiers battus. Il faut dire que Denis aime travailler avec les produits locaux et de saison ; il fait affaire avec des cueilleurs forestiers leur garantissant toutes sortes d’ingrédients naturels avec lesquels s’amuser lorsque la neige commence enfin à fondre.

Par exemple, la John Robert, un délicat porter qui est brassé avec du carvi, une plante indigène qui pousse dans la région et communément appelée faux anis. Bien que cette dernière soit très aromatique, elle perd beaucoup de saveur en infusant, ce qui ne confère à la bière seulement qu’un léger soupçon anisé en fin de bouche, sans importuner le café qui reste humblement en premier plan. Notre coup de cœur revient cependant à la Atreyu, une saison impériale extrêmement aromatique qui embaume les papilles de ses flaveurs florales et sucrées.

 

 

Étape 3 : Boire sans manger, ça c’est non

C’est bien de déguster, mais être un peu tout croche à 14h, c’est pas tant l’fun. Par chance, la microbrasserie offre un menu de nourriture court mais efficace, avec de coquets sandwichs et de belles assiettes de dégustations du terroir. Par contre, sans nous dévoiler tous ses punchs, Denis nous confie qu’un nouveau menu prendra place à partir du 1er juin ! Il sera fait exclusivement de produits locaux (à un point tel que si un ingrédient n’est pas disponible localement, ils prendront autre chose); un retour à ses amours culinaires de base. Gardez-vous donc un petit creux lors de votre visite !

Étape 4 : Ramener des souvenirs (et je ne parle pas de bibelots)

La raison pour laquelle on ne retrouve pas de bières de la microbrasserie Le Bien, Le Malt à Montréal, c’est parce que Denis tient à la fraîcheur de ses produits. La mauvaise gestion des bières en dépanneurs l’horripile (ce n’est pas tout le monde qui fait autant attention que chez nos excellents dépanneurs spécialisés), et tant que les gens ne seront pas mieux éduqués à ce sujet, il limitera sa production à une distribution locale. On en profite donc pour passer à la boutique située à l’arrière du bar afin de se ramener deux-trois bouteilles, et découvrir leur série La Rimouskoise, qui n’est pas disponible à boire sur place ! C’est une série qui a été spécialement créée pour les dépanneurs et les restaurants du quartier, comprenant des bières accessibles à monsieur et madame tout le monde sans pour le moins être ennuyantes. Mention spéciale à la American Wheat, qui nous a rappelée le Five Alive mais version bière !

Étape 5 : On revient pour la suite

On a décidé de faire ce voyage en basse-saison afin de s’assurer que les brasseurs et propriétaires des microbrasseries visitées auraient le temps de discuter avec nous tout au long de notre périple. Par contre, Denis nous a presque tordu le bras pour qu’on revienne également durant la saison estivale puisque «tous nos nouveaux produits sortent cet été ! TOUS !». Il faut dire qu’en plus d’avoir un gruit actuellement en production, l’entreprise lancera prochainement deux nouvelles séries de bières qui exploiteront les deux facettes principales du terroir : le côté maritime et le côté forestier. On s’attend donc à une double IPA au cèdre et à l’épinette, une Pale Ale au boulot jaune qui aura un petit punch de menthol, ainsi qu’une bière à la tagète, une fleur jaune qui goûte la clémentine ! Du côté marin, une sour kettle aux algues vient de faire son apparition en fût au bar, et peut-être qu’elle trouvera également son compte en bouteille… C’est à suivre !

Bon, on s’entend que personne n’a vraiment besoin de guide quand vient le temps d’explorer une nouvelle microbrasserie. Mais si l’inconnu vous fait vraiment peur, je n’ai qu’une chose à dire pour vous rassurer : y’a vraiment juste du bien dans ce malt-là.

Le Bien, Le Malt
141, avenue Belzile, Rimouski, Québec, G5L 3E5

Horaire :
Lundi à mercredi: 15h – 23h
Jeudi à samedi: 15h – 2h
Dimanche: Fermé

C.P: Audrey Rose

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